Sa Vie

Sabine

Sabine, riant à une table pleine de plats

Chez moi, tout a commencé petit, quand j'étais petite. Enfant, je jouais au restaurant, je remuais des marmites imaginaires et je rêvais de tables pleines de bonnes choses. Mon premier livre de cuisine était Tiny in de keuken, que je feuilletais sans fin et qui me faisait rêver.

Ma toute première vraie recette ? Du pain perdu. Je me souviens encore de ma fierté quand je trempais ces tranches de pain dans l'œuf et le lait, les faisais dorer et les saupoudrais de sucre. Cette simple petite assiette avait quelque chose de magique, comme si je pouvais rendre les gens heureux avec presque rien.

L'amour des saveurs pures, je le tiens de ma grand-mère. Elle avait une ferme où tout était fait maison : les légumes du jardin, le lait, les œufs, la viande, et des caves pleines de trésors en bocaux. Dans la maisonnette d'été, elle cuisait le pain sur le poêle de Louvain. Simple, honnête, vrai. Chez elle, la vie tournait autour des moments passés ensemble à table.

Quand nous rendions visite à quelqu'un, je demandais invariablement : « Et on reste manger ? » Car ce n'est qu'à ce moment-là que ça devenait vraiment convivial pour moi.

Quand ma maman a commencé à travailler — j'avais dix ans —, j'ai repris la cuisine à la maison le samedi. D'abord des biscuits, puis des repas entiers. Je découpais des recettes et j'en faisais mes propres petits livres de cuisine. Chez mes tantes, j'ai appris à faire le pain, la confiture, la paella, les plats mijotés. L'univers de la cuisine n'avait pas de fin.

À quinze ans, j'ai trouvé un job d'étudiante dans un restaurant espagnol. C'est là qu'est né mon amour pour la cuisine du Sud : les parfums et les couleurs, la chaleur dans l'assiette. Plus tard, en kot, je cuisinais des repas de fête et j'organisais des repas de Noël pour tous mes colocataires. Tout le monde était le bienvenu — une maison ouverte avant la lettre.

En amour aussi, la cuisine a joué le premier rôle. Mon premier rendez-vous avec Wimpie s'est transformé en menu quatre services dans son appartement à Bruxelles. J'y ai mis toutes mes économies, et ça a tout de suite marché. Aujourd'hui encore, je cuisine avec autant d'amour pour lui et pour nos trois enfants.

J'ai suivi une formation à Spermalie, mais j'ai surtout appris en observant, en goûtant et en m'ouvrant à d'autres saveurs et à d'autres cultures. Je lis un livre de cuisine en le goûtant déjà, comme si je pouvais sentir le résultat avant même qu'il n'arrive sur la table.

Cette histoire, je veux maintenant la partager avec Vicky — mon amie de cuisine, rencontrée il y a quinze ans. Un lieu où tout s'accorde : de l'assiette à la décoration, des parfums à l'ambiance. Une maison ouverte à tous !

L'histoire de Vicky

conçu par Baron - textes de Sabine et Vicky